Days off, zonage industriel : trucs vues et entendues tout au long de mon flash. Presque régulièrement mis à jour.
Taxi : ai fait la route Tétouan-Tanger dans un taxi « grima », les célèbres Mercedes 240. Le chauffeur conduisait au frein à main.Sur ces modèles, le frein à main se trouve à gauche et c’est un levier qu’on tire pour freiner. Avec une subtile conjugaison de frein moteur et de frein à mains, le chauffeur a fait transiter six personnes (quatre derrière, deux à la place du mort) d’une ville à l’autre, dont une (ma gueule) fascinée par tant de maestria et d’inconsciences. – Sardines : Certes, je suis un imploitant, en bon netocrate que je me targue d’être. Mais là, sur le coup, il faut que je partage cette adresse. A quelques kilomètres de Tétouan, il y a un village sur le bord de mer du nom d’Azla. Sur la plage, tout au fond, il y a une paillotte qui sert, entre autres, une tajine de poisson, mais je te jure, c’est si délicieux, si bon, avec la Méditerranée et cette plage déserte. Là-dessus, un thé à la menthe et un sebsi, et tu as un avant-goût de ce à quoi ressemble le paradis. Le soir, sur le marché aux poissons, des dizaines d’échoppes te vendent presque tout ce qui vit dans la mer. Et dans l’air, le fumet des sardines grillées, génocidées par paquet de douze. – Lessive : Un cas d’étude fascinant pour l’étudiant en école de commerce est la lessive Tide. Comment une lessive est devenue une institution, presque un synonyme de lessive. Pour laver mes fringues, je suis parti m’acheter une boîte de Tide. Geste anodin mais par lequel, en quelque sorte, ça y est, je suis marocain (zoufri, certes). – Figues : L’odeur du figuier crée en moi une boucle mémorielle. Elle me fait penser à ceux de mon grand-père, quand j’étais petit. Je me souviens m’être souvenu de cette odeur sous un figuier…du Jardin Botanique de Bruxelles :-/ Et je pense à ça, assis sous un figuier. – Chaïb : « L’âme haute et sereine, inaccessible aux passions et aux émotions vulgaires, dominant les nuées et les ombres de ce monde, les folies, les mensonges, les haines, les vanités, les misères, habite le bleu de ciel, et ne sent plus que les ébranlements profonds et souterrains de la destinée, comme le haut des montagnes sent les tremblements de terre. » – Sentier lumineux : Sur le chemin entre … et …, dans les montagnes du Rif, il y a deux lieu-dit : « là où on a tué le roumi » et « le noisetier du pendu ». Deux histoires à raconter. – Taxi 2 : Petit taxi ou « grima », un usage intensif de ce mode de transport peut causer de sérieux dommages à vos vertèbres. – Cat’s eye : Au Maroc, on comprend pourquoi le chat et le lion sont tous les deux des félidés. J’imagine la rencontre entre un chat de la campagne marocaine et un chat de la ville européenne. Et la scène me fait bien rigoler. – Chika : Il s’appelle Ahmed, c’est le fou du village de … Il parle tout seul ; il est habillé de guenilles ; il est manchot, mais son bras gauche, dans mon souvenir de gamin, était si puissant qu’il pouvait atteindre sa cible à une énorme distance. Il est vieux aujourd’hui, même s’il m’a toujours semblé vieux quand j’étais petit. Un jour lointain que je me renseignais sur lui, on m’avait annoncé qu’il était mort, un peu comme on annonce la mort du Père Noël. Ben, de le revoir en vie grâce à Dieu, je me suis dit « ah, les sales menteurs ! ». – Carlito’s way : Il y a beaucoup de Benny du Bronx au Maroc : ils parlent mal à Sasso et aux sous-fifres en général, et se montrent obséquieux envers Carlito Brigante. Et tout ce que Benny mérite, c’est le mépris de Carlito.